Quelle race dominera la ville de Londres? L'avenir de cette ville repose entre vos mains, maintenant.
 

Les vampires, ne sont plus en sur-effectif, bravo !

N'oubliez pas les groupes en sous-effectifs ! Il faut essayer de remplir les meutes, la Brigade et la Guilde ainsi que les Rebelles !

Nous sommes 60% de femmes sur le forum. Mais où sont les hommes ?!

Partagez|

Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer..

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
#37715 : Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Mer 15 Aoû - 14:42

avatar


Messages : 3
Points : 116
AloïsLawrence


Identification

Nom de naissance: De Nerry
Prénom de naissance: Lawrence
Nom usuel: Lawrence
Prénom usuel: Aloïs
Surnom: Mormo, le Roi des ghouls (inutilisé désormais)
Race: Vampire
Sexe: Homme
Age physique: 35 ans
Date de naissance: 03/01/1782
Orientation sexuelle: Bisexuel
Pays d'origine: France
Groupe: Ancestraux
Emploi: Scientifique et pompier
Supérieur immédiat: Dracula et Vergil

Derrière l'écran

Prénom: Lou
Surnom: La plus belle de toute la terre et sans doute la plus modeste aussi~
Age: Majeure et vaccinée !
Découverte: Y’a trèèèèèèèèès longtemps °^°
Fréquence de connexion: Sur ce compte ou un autre, presque quotidiennement
Autres personnages: Nora - Iluna - Yumi
Autres trucs sur vous: Vampire Power ! o/
Commentaires: Ce forum est vraiment exceptionnellement bien ! *se jette des fleurs*

Le passé qui m'a construit Partie 1/2
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Colère ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


    Non.. P-pas ça !! Mon père apparaît dans mon champs de vision.. Mais.. Il.. Il est mort !! Disparaît !!

    Je me réveille en sursaut, un filet de sueur coulant le long de mon dos. Je rejette ma couverture loin de moi et me lève d’un bond. Ouvrant la fenêtre, je vérifie qu’il fait nuit noire, dehors.. Puis, je bondis par l’issue et agrippe la gouttière qui longe la façade pour rejoindre le sommet de l’immeuble. Ma force vampirique, absolument nécessaire pour cet exercice, me rassure. Fini le temps où j’étais une victime ! Fini le temps où mon père m’inspirait les pires cauchemars ! Et pourtant.. Même des siècles après sa mort, il me hante. Arrivé sur le toit plat, je m'assois contre le muret servant de rambarde. Mes genoux remontent jusqu’à mon menton et je pose ma tête dessus. Inspire.. expire.. Je finis par me calmer et, malgré l’inconfort de la position et la dureté du sol et du mur.. je m’endors.

    Père apparaît à nouveau devant mes yeux et dans mon sommeil, je m’agite, je transpire et mes prunelles folles courent dans tout les sens derrières mes paupières closes. Malgré les tortures de mon esprit, je n’arrive pas à me réveiller.. Je me revois, enfant, tout jeune, dans les cachots du château.

- Père ! Je vous en prie ! J’ai été gentil !

- Mais oui, Lawrence… Mais oui…


- Aaaaaaaaaaargh !!

    J’ai le dos en feu.. Tellement que je m’éveille à moitié. Dans une semi-torpeur, je glisse une main dans mon dos autrefois couturé de cicatrices mais désormais lisse. Je sais que la douleur est psychosomatique.. Me prenant la tête dans les mains, les doigts crispés dans les cheveux, je gémis.


- P-pourquoi ?! Pourquoi, Père ? J’ai été gentil.. Pourquoi.. ?

    Comme s’il allait me répondre.. Pourtant.. Oui, pourtant..

- … Je sais que tu as été gentil, Lawrence.. Tu n’auras donc pas de coups de fouets en plus !

- M-merci, Père ! Je vous en suis si reconnaissant ! Merci !

    J’aurais pu, je me serais jeter à ses pieds pour embrasser ses chaussures tellement j’étais reconnaissant. Le fouet s’abat sur ma peau mise à nue. Les anciennes plaies, surtout celles datant de la veille, s’ouvrent aussitôt comme la peau d’un fruit trop mûr qui cède sous la pression. Le sang, poisseux et visqueux dégouline dans mon dos, sur mes fesses et le long de mes jambes. Les coups pleuvent en claquant. Alors que ma tête commence à tourner et que mes genoux tremblent sous l’effort, mes poignets encerclés d’anneaux d’aciers me maintiennent debout avec des chaînes attachées au plafond, Père arrête. Un soupir tremblant comme un sanglot se glisse hors de ma gorge irritée. Les pas s’éloignent et alors que mon Père sort de la pièce, il décroche le bout de ma chaîne de son attache et je m’écroule au sol, protégeant ma tête de mes bras maigres alors que les mailles de métal, dans un bruit de serpent furieux, me tombent dessus en me coupant la respiration. Au bout de longues minutes, mon corps arrête de vibrer comme une feuille un jour de tempête. Je me redresse péniblement et vais moi-même chercher la clef de mes menottes accrochées au mur pour me libérer les poings à la chaire à nue. Traînant ma carcasse trop lourde, je m’en vais m’écrouler dans ma chambre. Je n’ai pas la force de panser mes plaies.. Enroulant mes draps autour de moi, je m’endors aussitôt.


    Est-ce que je lui en voulais ? Non. Je considérais normal qu’il soit ainsi étant donné que ça avait toujours été ainsi.. Est-ce que j’en voulais à ma mère, qui assistait parfois aux séances (lorsque j’avais été vilain en public ?) ? Non plus. Tout cela était mon quotidien et je ne l’aurais en aucun cas remis en cause.. Mais, malgré tout. J’étais empli d’une colère sourde qui gonflait et gonflait à mesure que les coups de fouet s’abattaient sur moi. Je n’ai jamais réussi à m’en débarrasser.. Cette.. Cette méduse noire qui m’attrapait de ses tentacules et qui ne me lâchait plus, ventousée et collée à ma peau pour ne plus s’en détacher. Jamais. Je l’ai gardé en moi jusqu’à aujourd’hui.

     Sans m’en rendre compte, je me suis assoupi à nouveau. Mais cette scène.. Je l’ai vécu toutes les semaines.. Trois fois. Et c’était cent fois pire lorsque je n’avais pas été gentil… Dans ces cas-là, je me souviens m’être évanoui, pendu aux chaînes plus d’une fois, tant de fois qu’il m’est impossible de les compter… Un rien me promettait une nuit entière d’horreur..


    Le sommeil agité, je gémis alors que mes pensées me mènent vers une autre période de ma vie, tout aussi déplaisante. La voix de Père résonne à mes oreilles.

- Tu comprends, fils ?

- Oui, Père…

- Les marauds n’ont de cesse de nous chercher querelle. Il ne faut leur donner aucune occasion de trouver une quelconque faille en nous. C’est pour cela que nous te forgeons.. Tu comprends ? Nous ne souhaitons point ton malheur mais c’est ainsi que tu seras assez fort pour affronter les dures années à venir.. D’ailleurs, nous te soutenons, n’est-ce pas ? Tu as appris à lire et à écrire, tu as étudié les textes de Corneille et d’autres auteurs.. Tu es cultivé et intelligent. Ce n’est qu’une autre forme d’éducation que nous t’offrons. Tu le comprend ?

- Oui, Père. Merci de m’apprendre à être fort.

- C’est bien, fils. Allons donc t’entraîner.

    Un frisson d’angoisse me court dans le dos. Je suis Père en tremblant de peur. Je ne suis qu’une proie dans ce monde. Je n’ai ni contrôle sur ma vie, ni envie de l’avoir. Je suis faible alors je ne suis que l’esclave des forts. Père est fort.


    Incapable de me réveiller, mon esprit passe à un autre souvenir, ce moment où, mon sixième anniversaire tout juste passé, mes parents ont confié mon éducation à un précepteur. Et ce précepteur est rapidement allé se plaindre à mes parents que j’étais un enfant dérangé. Dérangé ? Réellement ? Tout ça parce que je lui avais expliqué comment fonctionne la vie…

- Marquis De Nerry, pouvez-vous me dire quelles sont les différentes classes sociales de notre société ?

    Je connais la réponse, bien évidemment. Depuis que je l’ai rencontré, cet homme ne m’interroge que sur des choses tellement simples qu’il a perdu l’intérêt de la nouveauté très rapidement. Il veut parler du Tiers État, du Clergé et de la Bourgeoisie.

- Monsieur le Professeur. Dans la vie, il n’y a que deux types de personnes. Les forts et les faibles. Ou les proies et les prédateurs. On l’est par rapport aux autres. Le prédateur d’un peut tout à fait être la proie d’un plus puissant. Voyez-vous, je suis bien plus intelligent que vous ne voulez bien l’admettre. Et contrairement à vous, je suis fort, si fort que je pourrais vous faire souffrir à tel point que vous me vendriez mère, femme et enfants. Et j’ai pour avantage d’avoir été éduqué pour ça. Je n’aurais aucune forme de morale handicapante ou de remords inutiles.

    Je suis fort. Père m’a entraîné toute ma vie pour que je le sois… Mon regard mortellement sérieux est posé sur lui. Il s’est figé. Est-il étonné qu’un enfant parle ainsi ? Mais je me sens adulte dans mon esprit. Je suis bien plus mature que des adolescents de deux fois mon âge…

- Heureusement pour vous, ou pour eux. Je n’ai actuellement aucun bénéfice à le faire… Actuellement. Mais voyez-vous, je suis jeune. Père est encore au dessus de moi. Malgré mon intellect supérieur et ma formation, mon jeune corps, enveloppe stupide, n’est pas physiquement assez puissant. Un jour, je prendrais le contrôle de tous. Vous, mes parents et le reste de ce monde maudit. Un jour, je vous tuerez tous et je me baignerais en riant dans votre sang, écoutant avec délice les hurlements de douleurs et les gémissements de désespoirs des moribonds. J’ai hâte que ce jour arrive. Parce qu’on m’a formé pour.


    Ma vie mouvementée s’est passée à une époque mouvementée. J’ai vécu cette époque où le peuple se rebelle mais que la bourgeoisie ne s’en rendait pas encore compte.

    Passé ma septième année, j’ai eu pris comme habitude, après le petit déjeuné pris seul, dans ma chambre, de me faufiler jusqu’à la bibliothèque. Je m’installe tout au fond de l’immense pièce aux incroyables étagères fournies par les plus beaux ouvrages du siècle et des précédents, dans l’un des fauteuils baroques avec un recueil des oeuvres de Corneille. Alors que je me plonge dans le monde des poèmes, des rimes et des métaphores, j’entend une grande clameur monter des rues. Voilà un moment que la situation géo-politique du pays devient critique. Il va sans dire que je n’en ai cure. Mon monde est inébranlable et monotone.

    La raison de cette agitation devient plus évidente le soir quand mes parents en parlent au repas. Quelques mots me parviennent et leur ton inquiet m’informe sur leurs sentiments à ce sujet. Ce n’est finalement que lorsqu’ils disent qu’ils vont abandonner leur titre que je parle sans élever la voix

- Père, Mère. Ce sont vraiment des bouseux qui vont vous faire renoncer à vos droits ? S’ils sont incapables de comprendre qu’ils nous sont inférieurs, qu’ils cessent donc de tenter de mener une réflexion et qu’ils retournent labourer la terre.

    Pliant ma serviette, je quitte la table d’un geste et m’en retourne contempler les vers de Corneille. Je sais bien que le Peuple se rebelle. Qu’ils commencent à devenir dangereux, qu’ils ont pris la Bastille en juillet dernier. Mais ce n’est qu’une mauvaise passe. Personne ne se souviendra de ces ridicules effusions dans quelques dizaines d’années.


   C’est à cette époque que mes parents ont pris conscience que quelque chose clochait en moi. Leur “éducation” doublée par l’incroyable intelligence qui germait dans mon esprit, me rendaient pour le moins… particulier. Peut-être fou ? M’ont-ils rendu fou ? Au moins, ils ont réussi à me déshumaniser. Et je ne leur en veux pas ! J’étais persuadé, à cette époque, que les sentiments ne servaient qu’à rendre les gens sensibles et faibles. Faibles non pas parce qu’ils ressentaient quelque chose, mais parce que leurs sentiments, et leur douceur, les forcent à pardonner l’impardonnable. A sacrifier absurdement des choses précieuses et à tendre l’autre joue lorsque je les frappe. Imbéciles.

   Contre toute attente, les Révolutionnaires rebelles ont fini par faire basculer les choses. Entre la prise de la Bastille et l’abolition des privilèges, ma vie s’en est trouvée bien bousculée. Ma famille, fort heureusement, n’a eu qu’à céder son titre de noblesse et à payer aux manants une coquette somme. Nous nous sommes retranchés dans le château secondaire. De taille plus modeste, nous étions mis à l’écart mais en vie et saufs. Nous avions réduits les effectifs de domestiques. Cette situation et mon âge grandissant, j’ai eu l’autorisation de sortir en ville. Ce n’était pas les rues de la Capitale que j’avais observé des fenêtres de ma bibliothèques, mais c’était tout de même une ville, avec des boutiques, des rues passantes et une soudaine liberté que je n’avais pas prévu. Tout à mon habitude de jouer dans un monde sombre et sanglant, je n’avais aucune forme de morale conventionnelle. Si le marchand était plus faible que moi, quel mal y avait-il à le voler ? Et si j’apercevais une donzelle à mon goût, quel mal y avait-il à tâter ce qu’elle cachait sous ses jupons ? Non. Je n’y voyais aucun mal car le mal était mon élément, j’en avais été abreuvé dès ma naissance par des parents pensant m’apprendre ainsi à le combattre. Et je me suis retrouvé, dans un contexte tout autre. Loup au milieu des brebis. Et je me régalais… D’autant que mes attitudes avaient attiré sur moi quelques attentions vicelardes de jeunes de mon âge provenant de moindres milieux. Ils étaient pour moi des pions et des camarades. Précieux mais corvéables et interchangeables.

- Law ! Qu’est’ on fait là ?

- Du calme, Padrig, je vous ai dit que ça viendrait en temps et en heures.

- Ouais, mais ç’fait une paye qu’on s’gèle les miches à guetter en vain l’canal !

- Taisez-vous donc ! Vous allez nous faire repérer ! Les voici.

    En effet, s’avance jusqu’à nous trois des plus belles créatures de cette ville misérable. De jeunes dames dans la fleur de l’âge, c’est-à-dire à peine quelques printemps de moins que nous autre. Toujours habillé en gentleman de mon époque, me voilà que je sors de l’ombre, une pipe fumante au coin de la bouche et une canne au creux du coude. Croisant les oies blanches, je les salue d’un mouvement de menton avant de poursuivre ma route. Un pas, deux.. trois.. quatre et cinq ! Un gémissement étouffé. Je m’arrête, mimant d’entretenir l’embrasement de mon tabac pour scruter les alentours. Nulle âme qui vive mis à part un chat aux yeux d’or, le regard au loin, fixant quelques rongeurs. Je souris au prédateur en chasse et retourne à mes propres proies. Mes camarades, ce soir au nombre de quatre, ont ébouriffé le beau plumage de mes oies. Effrayées, elles caquettent en silence, se tordant des mains, les traits déformés par quelques pleurs insignifiants. Elles craignent pour leur robe et leurs bijoux… J’effectue un détour avant de les rejoindre. Bien évidemment, étant l’instigateur de ces rapts, je sais minutes par minutes ce qu’il arrive à ces damoiselles. Elles apprennent qu’il n’est pas prudent d’être seules le soir. De toute façon, les femmes ne devraient jamais pouvoir être seules. Elles font sans cesse des imbécilités ces sous-homme. Dépourvues de ce qu’il faut pour mener réflexion. Stupides femelles. Grimé en maraud, je fais apparition au moment précis où l’une d’elle s’évanouie.

- Et bien, mes salops. Vous vous amusez bien…

   Des rires gras accueillent mon arrivée. Il leur est bien entendu interdit de passer aux choses intéressantes sans moi. C’est moi qui les repère, qui les chasse, qui les suit.. il est bien naturel que ce soit moi qui commence les investigations. Attrapant la plus belle, la plus à mon goût, je glisse une main autour de sa taille. Elle couine et se débat en gémissant. Soulevant ses jupes, je dévoile ses jambes jusqu’au genoux et elle en pleure d’humiliation. Mes camarades ne se gênent pas pour dévorer les collants des yeux avec la faim au ventre…
    Quelques dizaines de minutes plus tard, les femelles s’enfuient en tenant leurs jupons, les coiffures en désordre. Je suis partie avant la fin, comme à mon habitude, pour pouvoir observer l’envolée des colombes du haut d’un balcon que j’atteins par les lierres. Les damoiselles ont subi quelques mains aux fesses et autre pelotages perpétrés par mes amis. Moi ? Oh.. J’ai bien entendu touché plus d’une fois, mais la luxure n’est pas ma principale préoccupation. Non… Moi, j’aime simplement la violence et les pleurs. Et malgré nos manières, cette époque n’est pas celle des abus plus poussés. Soupir. Je reste sur ma faim. Où est donc le sang ? Je retourne chez moi des heures plus tard. Sur le chemin du retour, j’aperçois un goupil. Avec quelque chose dans la gueule… étonné, je constate que c’est un chat. Précisément celui auquel je m’étais identifié plus tôt… Mais, il n’y a pas dans cette vie une créature capable de me croquer. Ma vague inquiétude face à ce présage est balayée par mon sentiment d'invincibilité.


    Dire que j’ai passé le reste de ma vie à racheter mes péchés et à faire amende honorable de mes pulsions sadiques serait non seulement inexacte, mais tellement faux que personne n’y croirait.

    J’ai utilisé mon éducation de gentilhomme pour me trouver une charmante épouse du nom d’Isabella, fille unique d’un notable renommé. Je l’ai courtisé, me suis marié et ai épousé la fortune de son Père. Mêlée à celle que m’a légué mes parents à leur mort a fait de moi quelqu’un de puissant sans grands efforts. Peut-être suis-je insensible de ne rien ressentir face à ces manigances dépourvues de romantisme et face au décès de mes géniteurs… Mais je n’en ai cure. J’étais riche ! Tellement que malgré l’époque post-Révolution, j’ai vécu de confortables années, loin de la vie politique mais proche de celle des affaires. Gérant de nombreux marchés, j’avais la main mise sur les épices et les textiles. Et je suis resté un grand marchand, faisant enfler ma fortune, la doublant puis la triplant grâce à mon incroyable intelligence.

    A cette même période, ma femme m’a fait une fille, un fils. Puis est morte en couche. L’enterrement m’a créé grand embarras. Devoir jouer l’homme amoureux blessé a été si dur que les larmes qui bordaient mes yeux étaient dus à tout mes efforts pour ne pas éclater de rire devant l’hypocrisie de la scène. Mais j’étais si bon comédien que les quelques gloussements qui m’ont tout de même échappés ont été pris pour des sanglots et ignorés avec compassion. Les gamins, inutiles créatures, avaient à ce moment-là quatre et six ans. Confiés à une nourrice, il ne m’ont plus causé de soucis, si bien que je me surprenais parfois à oublier leur existence même.Comment s’appelaient-ils déjà ? Jean et Pierrette ou Jeanne et Pierre ? Aucune idée.. Lequel était le plus vieux ? Quelle était la couleur de leurs yeux ? De leur cheveux ? M’aimaient-ils ? Recherchaient-ils ma présence ? Je n’en sais plus rien. C’est si lointain… C’était une autre époque. Une autre vie.

    J’avais 33 ans quand mes cheveux ont viré au blanc. A cette période de ma vie, j’étais préoccupé par beaucoup de choses. L'espérance de vie n’étant pas ce qu’elle est aujourd’hui, je savais que mes dernières années arrivaient. J’avais fait parti d’une élite toute ma vie et je laissais derrière moi un empire financier et un héritier. Que demander de plus ? La mort, elle, ne fait pas de discrimination, tout y passe, les riches et les pauvres… Mais…

    Étrangement, c’est ma facette noire et sang qui m’a sauvé de la mort. Ai-je pactisé avec le Diable ? Pas vraiment. Mais je me suis rendu compte que les gens payaient pour ce qui m’exaltait : Le sang.

    Derrière ma façade de marchand, je pouvais cacher divers trafics plus ou moins légaux et quelques activités fort lucratives… comme les combats d’humains, de chiens et de coqs ou la vente d’animaux sauvages et d’esclaves. Rien ne me perturbait. Des années durant  un groupement d’hommes avait pris contact avec moi pour que je le fournisse en êtres humains de bonne qualité. Ils voulaient de tout, femmes, enfants, plutôt des jeunes et surtout qui ne fumaient pas ni ne consommaient certaines substances qui sont aujourd’hui recensées en tant que drogues. Je leur ai donné des centaines d’âmes, ne sachant absolument pas ce qu’ils en faisaient mais m’en moquant éperdument. Puis un jour, sortant d’une nouvelle vente avec ce groupe et rentrant chez moi, en pleine nuit...

    Mes pas me mènent sans une hésitation sur le chemin de mon domaine. Bien que plus modeste de celui dans lequel j’ai vécu enfant, il reste tout de même de bonne taille pour un marchand de mon envergure. J’arrive presque à la porte du bâtiment principal lorsqu’un choc sourd et inattendu frappe mes côtes droites. Déséquilibré, je bas des jambes et des bras pour essayer de me rétablir mais.. Mais… Je… vole ?!

- Aaaah !!

    Quelque chose enserre ma taille et je crois une seconde à un immense aigle qui m’emporte. Je me tord comme un poisson dans un filet pour le voir. Mais c’est.. un homme ?! Qu’est-ce..

- Qu’est-ce que cela signifie !!? Qui êtes vous ?!

    Qu’êtes-vous ?

- Où m’emmenez-vous ?!

- Patience, jeune homme.

- Jeune homme ?! Mais vous êtes fou, mon pauvre !!

    Il rit. Sadiquement.. Et malgré mes protestations et que je me débatte de toute mes forces, il n’a aucun mal à me maintenir.

    Il n’a fallu que quelques minutes pour m’emmener à l’endroit qu’il avait choisi. Quelques minutes que je mis à profit pour comprendre que :
* Il est extrêmement fort.
* Malgré son apparence, il est bien plus vieux que moi. De manière indéfinissable, il me semble si ancien que ça me dégoûte.
* Il ne me veux pas du bien. Sa façon de me tenir sous son bras comme un vulgaire sac et de m’enlever.. Tout ça n’augure rien de bon..


    Ma partie humaine avait bien raison de se méfier.. Car elle est morte ce soir là. Mais moi, je suis né à ce moment précis.

    J'atterris lourdement sur le sol lorsqu’il se décide à me lâcher. Effrayé, je me retourne pour m’asseoir et recule précipitamment. Il me suit du regard sans tourner la tête...

    Aujourd’hui encore, cette image est nette dans mon esprit.. Si nette que j’ai l’impression que c’est le premier souvenir de ma nouvelle vie alors que je n’étais pas encore né… Il portait une redingote bleue nuit et un chapeau de très bonne facture. Sous son bras tenait une canne en essence d’ébène et son pantalon type culotte de cheval d’une teinte étrange entre le blanc et le beige tenait avec une grosse ceinture en cuir. Ses bottes hautes en cuir, elles aussi, en cuir sont si propres que je me souviens m’être demandée pourquoi il portait un pantalon de monte pour avoir des chaussures neuves. La réponse ne me sera donnée bien plus tard et est si stupide que je l’ai retenu… Parce qu’il s’y sent à l’aise.

- Que me voulez-vous ?!

    Il est grand, il me domine de toute sa taille alors qu’il se tient au dessus de moi, droit et fier alors que je n’arrive pas à m’empêcher de trembler assis par terre.

- Je connais tout de toi. Je te suis et t’espionne depuis des années. Tes vices et tes péchés.. Et j’aime tout cela. Je suis fasciné par ton attitude et te perdre à cause de ta mortalité serait si dommage.. Nous allons arranger ça. Tu vas voir, ça va juste être.. un peu douloureux.

    Il se jette sur moi avant que je ne comprenne ce qu’il dit. Des crocs se plantent dans mon cou dans un claquement de mâchoire et un déchirement de tissus. La douleur met un moment à venir, repoussée par le choc et la surprise de son acte. Quand elle afflue, compagne familière, elle me permet de classer mes idées calmement. Premièrement, j’ai atrocement mal, même pour une morsure, il doit y avoir autre chose que je ne connais pas et donc que je ne peux pas appliquer dans mes calculs. Je ne.. comprend.. pas..

- Ah… Qu’est-ce que.. Aaaaah !! Qu’avez-vous fait ?! Aaaaaaaaaaaaaaaaaargh !!

    Je me tord au sol, la main sur la plaie alors que mes veines s’enflamment.. Malgré mon entraînement, celui que j’ai subi par mon père jusqu’à mes 19 ans.. Jusqu’à ce que je parvienne à dénouer mes menottes et que je lui arrache le fouet pour le retourner contre lui.. Je.. Je me souviens encore d’avoir été surpris de voir son sang. Père me semblait si puissant qu’il me semblait invulnérable.. Je me souviens m’être acharné jusqu’à ce qu’il ne bouge plus.. Jusqu’à ce qu’il ne bouge plus du tout.. Il n’avait plus jamais bougé, depuis.. Je me retourne donc, me redresse et me jette sur lui, utilisant ma douleur comme moteur. Mes poings serrés le heurtent violemment dans les côtes flottantes, assez fort pour les lui briser… Il rit et attrape mes cheveux en me repoussant d’une force surhumaine. Je vole sur plusieurs mètres, heurte quelque chose et ma vision se trouble sous la douleur. Je suis blessé.. Grièvement blessé.. Je le vois s’approcher jusqu’à moi en souriant. Mais je n’ai pas le temps de voir ce qu’il va me faire car je perds connaissance, persuadé d’avoir vécu ainsi mes dernières secondes…


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Avarice ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


    J’ouvre les yeux dans un halètement de stupeur.

- Que ?!!

- Pas de panique mon fils.

    Je regarde autour de moi, cherchant la silhouette à laquelle la voix appartient. Je le trouve rapidement. C’est.. C’est cet homme.. “Pas de panique” ?! Sérieusement ?! Cet individu m’a agressé, m’a baladé sous son bras comme si j’étais une poupée et m’a jeté à travers les airs ?! Comment pourrais-je ne pas paniquer ?! Je me redresse d’un bond.. Bien trop vif même pour moi. Je trébuche en avant mais me rétabli.

- Où suis-je ?! Que m’avez-vous fait ?! Qui êtes-vous ?! Qu’êtes-vous ?! Pourquoi “mon fils” ?! Je suis bien trop vieux pour être le fils de quiconque !!

    Je m’avance sur lui au fur et à mesure de mes paroles, en prise à une intense colère. Comme la douleur, celle-ci est une vieille compagne. Mais il ne me laisse pas le temps de l’approcher. D’ailleurs.. D’ailleurs, je ne m’approche pas de lui. Je m’en éloigne.. ?

- Comment avez-vous fait ça ?!

    Comment est-il arrivé dans mon dos aussi rapidement ? L’espace d’une seconde, ma colère laisse place à l’étonnement et l’envie. Je veux faire ça, moi aussi ! Je pourrais chasser les donzelles seul ! Il avance jusqu’à moi si vite qu’il disparaît. Il sourit et commence ce discours dont chaque mot s’est gravé en lettres de feu dans mon esprit.

- Tu es un vampire, mon fils. Tu es désormais immortel et surhumain. Aucune créature ne t’est égale. Tu es bien plus puissant que tout le monde. Je vais te guider dans ta nouvelle vie, mon fils. Tu vas enfin pouvoir laisser parler ta nature. Viens, mon enfant. Allons chasser.


    Je me souviendrais toujours de cette chasse. La plus exaltante de ma vie. Nous avions fait une orgie de sang pur. Je m’étais régalée de cette substance irrésistible. Rien ne me semblait plus beau que ce rouge de mes yeux, répondant aux rouges de mes victimes. Mon Créateur, la seule personne au monde à m’avoir aidé au moment où j’avais besoin d’aide.. Je lui vouais une sorte de vénération admirative alors que lui se pâmait devant mon goût du sang, mon sadisme et mon goût du spectacle. Nous avons ensemble, fait parmi les plus belles chasses de ma vie ! Il s’appelait Eadwin de Drogon. Et lorsque nous ne chassions pas, il était un agréable compagnon, joyeux et excellent joueur de croquet et de carte. Cet enfoiré m’a volé des fortunes aux cartes ! En parlant de fortune.. Je suis retournée chez moi peu après mon départ. J’ai déclaré que j’étais souffrant et que je ne souhaitais pas imposer ma déchéance à ma famille. J’ai donc déclaré mon fils, propriétaire de mes commerces et je suis reparti avec une partie de ma fortune pour mes soins. Bien évidemment, il n’était pas au courant pour les commerces illégaux et je gardais la main mise dessus. Qui de mieux qu’un vampire pour ces activités ?

    Mon créateur m’a peu à peu laissé la bride au cou. S’il a été présent durant les premiers mois, j’étais à nouveau seul et libre à la fin de ma première année. Il m’a même félicité pour mon contrôle de moi, me disant que peu de Sangsue sont indépendantes aussi vite. Mais la solution n’est pas très compliquée. Je me gavais de sang jusqu’à en être malade tout les soirs. Et après, j’assistais aux combats à mort. Quel délicieux quotidien ! En quittant définitivement mon humanité, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Plus besoin de garder une facette gentleman dans le respect des moeurs. Non, je vivais ma folie sanguinaire sans interruption.

     Le seul point noir à cette partie de ma vie, c’est l’insistance de mon créateur pour que je rejoigne son groupe de vampire. Il voulait prendre le contrôle de la Capitale et en faire un terrain de chasse exclusif pour ses enfants. Quelle idiotie ! Je savais bien que des Chiens partageaient avec nous le Monde des Ténèbres. Mais nul ne serait venu se présenter devant mon Père pour le confronter. Ces animaux étaient à peine plus intelligents que des humains. Méprisant envers eux sans être haineux, je continuais mon travail, faisant fructifier ma fortune. Mais le plus intéressant.. C’est que par le passé, j’étais déjà dans le Monde des Ténèbres. Je n’étais juste pas au courant. Je n’aurais jamais pensé qu’autant de surnaturels venaient voir mes arènes de combats. Flairant le filon, j’ai aussitôt organisé des jeux encore plus clandestins que ceux-ci, mettant dans une même arène des lycans ou des vampires, prêts à se battre à mort pour la gloire et des autres près à parier sur le résultat du match. J’avais l’impression d’être un empereur devant son Colisée, ses gladiateurs et ses sujets. Je m’appliquais à leur offrir le meilleur service possible, tout cela se passant dans une immense forêt appartenant à mon père que j’avais gardé en ma possession. Allant même jusqu’à transformer de jeunes prostituées pour les offrir à mes clients. Les tenant grâce au sang, elles étaient de belles petites putes à sang. Vendant leur corps contre mon autorisation de se nourrir, elles étaient utiles mais interchangeables. Parfois, des clients trop zélés les tuaient, mais il me suffisait de retourner en ville pour en avoir d’autre. Personne ne s’inquiète de la disparition de ce genre de vermine..

    Mon Colisée était une vieille baraque à plusieurs étages dont j’avais fait agrandir les caves jusqu’à ce qu’elles soient plus grandes que le bâtiment en surface. Située en plein milieu de la forêt, elle était le bon plan de bien des surnaturels et la plaque tournante de bien des trafics. J’ai vécu un demi-siècle ainsi, à organiser des fêtes et des combats dans cette forêt. Il me semblait que ça avait duré ma vie entière. J’y étais comme un roi. Mais ça ne pouvait pas durer…


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Envie ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


    Mon Père se présente à ma porte. Poliment, il sonne à ma baraque, comme il est coutume lors des moments d’inactivités. La nuit vient à peine de tomber. Qu’est-ce qui lui prend de venir aussi tôt ? Mes filles me réveillent et j’abandonne mon compagnon de cette nuit. Hum.. Enfin.. Ce qu’il en reste.. C’est un des humains qui fréquente la cave 1. Enfin, qui fréquentait vu qu’il ne fréquentera plus rien… Il a voulu jouer avec moi.. Sauf que j’ai un peu oublié de lui expliquer ma nature avant de le mordre au moment de l’extase.. Il s’est débattu. Quel dommage ! Enfin bref. J’abandonne là le cadavre à la nuque brisée et enfile un short pour rejoindre la porte

- Enfin, les filles ! Laissez-les entrer ! Bienvenue Eadwin ! Ça fait une paye, Père ! Poussez-vous les filles.

    Je le conduis, lui et ses compagnons que je soupçonne être mes frères, dans le petit salon aménagé dans lequel je contrôle tout. Il sent le tabac froid et l’alcool. Je fais signe à mes filles et elles apportent aussitôt un Whisky pur malt. Je les regarde se déhancher par habitude, mais sans rien ressentir. J’ai tellement l’habitude de leur corps et de leurs formes que ça ne me fait plus rien. Mon Père prend la parole et je me fige.

- Je veux que tu me rejoigne, mon fils.

- Quoi ? Je t’ai déjà dit que je n’étais pas intéressé !

- Oui, sauf que cette fois, je ne te laisse pas le choix. Tu es un de mes meilleurs éléments et un de mes plus vieux enfants encore en vie. Tu viens avec moi.

    Mes frères se postent de part et d’autres de moi et saisissent mes bras. Je me dégage et m’exclame :

- Attendez ! Attendez.

    Je fais signe aux filles pour qu’elles sortent en ordonnant :

- Allez toutes dans l’arène 2. Je vous y rejoins.

    J’attend qu’elles soient sorties pour reprendre.

- Explique-moi la situation. Et peut-être je viendrais volontairement. Avoue que tu n’as pas envie de voir si je peux détruire tes enfants qui t’accompagnent.

    Je le sens, je le sens bien que je suis bien plus puissant qu’eux… séparément. C’est dans notre intérêt à tous que je me soumette à mon Père, car de toute façon, il m’emportera quoi qu’il arrive. Mais s’il le fait de force, il sait qu’il devra me surveiller et ne pourra me faire confiance. Il fait signe à mes jeunes frères de se détendre et commence.

- Mon clan s’appelle les Rats Noirs. Nous sommes actif depuis presque soixante-ans. Nous sommes passé de petit regroupement de vampires à un groupe connu dans toute la France et des groupes jusque là indépendants commencent à se joindre à nous et nous prêter allégence. Comme tu le sais, depuis la dernière fois qu’on s’est vu, nous avions pris entièrement le contrôle de la Capitale. Sauf que nous avons connu quelques.. résistances. Et malgré notre victoire, nous sommes affaiblis. Nos généraux sont morts. Tu restes mon fils le plus puissant et le plus vieux. Nous avons besoin de toi pour commander les troupes d’attaques et organiser les défenses.

- J’aurais le contrôle de tes autres enfants ?

    Il hoche la tête.

- Mieux que ça, je t’ordonne de devenir mon bras droit. Tu as le goût du sang et l’intelligence qu’il faut. Sans toi, les Rats Noirs sont condamnés.

- J’aurais le droit de torturer nos ennemis et de faire des massacres ?

    Il sourit et je sens mes frères se détendre.

- C’est ce que j’attend de toi.


    Des massacres, une guerre ? En compagnie de mon Père ! Je repense un instant avec nostalgie à nos chasses, avant qu’il s’éloigne de moi. Avant que ce groupe lui prenne tout son temps. Voilà bien longtemps que je n’ai pas chassé.. Je prend le temps de vider mon verre, un sourire aux lèvres.

- Bien, alors allons-y. Accompagnez-moi, nous allons faire le ménage.

    Attrapant le reste de la bouteille de Whisky, je fais signe à mon Père et à ses Rats de me suivre. De mon habituelle démarche tranquille, je passe devant une pièce contenant une petite dizaine d’humains. Ce sont mes proies personnelles. Par réflexe, j’actionne la poignée pour vérifier qu’elle est bien fermée. Elle l’est. Je me dirige jusqu’à la cave 2. Là où mes filles sont. Je les regarde avec mon habituelle expression neutre, imaginant comment je vais m’en débarrasser. Hors de question qu’elles me suivent, ce sont des putes, pas des guerrières. Je n’ai pas besoin d’elles alors elles sont inutiles. Je les fais venir autour de moi, faisant signe à mon Père de rester en arrière, confiant la bouteille à un de ses fils. J’attrape la première par les cheveux et lui brise le cou. Elles se mettent à crier de terreur et tentent de fuir. Mes muscles se réveillent. Depuis combien de temps n’ai-je pas chassé ? Dix ans ? Vingt ans ? La deuxième, je plante mes crocs dans sa gorge et la lui arrache. La troisième je lui brise la colonne vertébrale en deux, la laissant hurler sa douleur au sol. Des hurlements ! Voilà à quoi devrait ressembler la vie ! C’est si jouissif ! La quatrième se fait éventrer. J’arrache le coeur palpitant de la cinquième et la tête de la sixième. La septième et dernière. Elise, ma préférée.. Je m’approche d’elle en lui décrochant un de mes rares sourires et m’agenouille devant son petit corps tremblant. Elle bredouille en pleurant

- P-p-pourquoi ?!

- Oh.. Elise, enfin.. Ne pose pas de question dont tu ne peux pas comprendre les réponses…

    J’attrape sa gorge presque délicatement, déposant sur sa peau albâtre les traces sanglantes de la mort de ses soeurs. Je serre. Fort.. Écrasant la trachée. Je continue jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus. Preuve que c’est ma préférée, j’ai pris mon temps pour la faire mourir. Les autres sont mortes sans considération. Je regarde son corps inanimé et fais demi-tour, essuyant sur les murs, ma main couverte de sang.

- Bien, allons-y.

    Je reprend le Whisky  et en remontant, je prend un rideau et les allumettes de ma pipe pour fourrer le tissu dans la bouteille. Une fois loin, j’enflamme la mèche et jette la bouteille à travers une fenêtre. Nous filons aussitôt que ça explose, légèrement poussés par le souffle de l’explosion. Je suppose que mes clients comprendront que j’ai fermé boutique.


    C’était une bonne époque, les arènes… Est-ce qu’à ce moment-là, j’ai pensé que c’était horrible de tuer mes enfants, les esclaves en attente d’être vendus et mon garde-manger ? Non. Est-ce que je trouve ça horrible, aujourd’hui ? Pas vraiment.. La seule différence, c’est que maintenant, j’ai conscience que les autres trouvent généralement ça terrible.. Alors je n’en parle pas.

    Un vent glacial balaie l’air d’une petite ville française. La nuit est complète et sombre. La lune, masquée par d’épais nuages orageux, n’éclaire pas le monde des mortels. Mais je n’ai pas besoin de ça pour chasser. Du haut d’un toit en tuiles rouge délavé, je guette le passage des humains, attendant mon heure, cherchant l’homme insignifiant dont je pourrais me nourrir sans laisser de trace. Ma soif est tenace, presque palpable.. Je pose une main sur ma gorge comme si ça pouvait me soulager… Soudain pensif, je laisse le bout de mes doigts caresser le petit bouc que je laisse pousser. Et puis, je le vois. Il est juste là en bas et passe sous mon point de vu. Sans réfléchir plus que ça, je me laisse tomber sur l’humain. Il n’a pas le temps de pousser un cri, sa tête heurte le sol dur et il meurt sur le coup. Il ne me voit pas me relever de toute ma taille, dominant son cadavre. Je n’ai pas peur d’avoir été repéré. Je me sais seul éveillé dans cette bourgade, mais par acquis de conscience, je jette un coup d’oeil autour de moi. Evidemment, il n’y a personne. L’attrapant au collet, je tire ma proie jusqu’à une ruelle sombre. Mes yeux habituellement d’un gris clair, flamboient du plus beau des rouges. Le rouge du sang, de la soif et du désir… Mes longs crocs se plantent dans son cou alors que je goûte avec ravissement à l'élixir de son sang…

    Lorsque j’ai fini, le prédateur en moi se calme un petit peu. Mais il ne disparaît jamais vraiment. Allez savoir pourquoi, même après toute ses années, je suis un éternel assoiffé, sans cesse insatisfait… Me redressant à nouveau, je charge l’homme exsangue sur mon épaule et d’un bond aussi agile et puissant qu’un tigre, je rejoins les toits.

    Ce cadavre sera retrouvé deux semaines plus tard dans la rivière qui passe par là. Mais je serai déjà parti depuis longtemps et nul ne retrouvera ma trace. Je suis en mission pour mon Père. Je visite chaque base en France qui se proclame Rats Noirs et je m’assure que leurs membres nous sont fidèles. J’élis un chef et je les organise, leur donnant de vive voix les règles du clan. Nul ne doit les connaître, donc le meilleur moyen, c’est de les dire en face à face. Aucun moyen qu’on nous espionne. Car oui, nous avons reçu des espions…. et nous les avons renvoyés après une séance de torture.. Je n’aurais jamais cru que les nuits d’horreurs avec mon père humain me serviraient de cette manière.. Et c’est fou comme aucun ne résiste à la douleur… C’est pourtant agréable, la douleur… Non ? Moi, ça me donne un coup de fouet !
    Tiens.. J’ai fait de l’humour, non ? Je crois que c’est la première fois.

    Notre zone d'action englobe tout Paris, un territoire qui était avant nous déchiré dans des guerres intestines entre les vampires et les lycans… et même les campagnes alentours. La Capitale était notre base, aucun non-humain ne peut y pénétrer sans être fouillé et surveillé et tout acte de chasse y est interdit pour les non-membres. Nous tolérons qu’ils s’y rendent toutefois. Nous tirons les ficelles et restons dans l’ombre. De plus, nous ne voulons pas que nos intentions soient connues. Seule une chose est sûre pour nos ennemis, nous ne sont pas pacifiques.

    Les lycans un peu trop puissants ou rebelles se font abattre, mais le clan tolère la présence de petites meutes discrètes aux alentours. Peu à peu, des groupes de vampires se proclament Rats Noirs et prêtent allégeance à leur chef dont l'identité est inconnue. Nous nous étendons comme un mal tentaculaire. D’autres groupes vampiriques existent, bien entendu. Et nous ne leur faisons pas la guerre.. sans avoir un intérêt à y gagner. Nous enflons et grossissons comme un abcès. Nous étendons partout comme du venin et proliférant comme des rats. Des humains disparaissent et les clans ennemis qui se sont autorisés à montrer la moindre résistance sont massacrés. Nous devenons puissants. Et moi, je suis heureux de pouvoir tuer et torturer,


    Je me réveille soudain. Plus calme. Mon regard se lève aussitôt sur la lune qui a bien progressé dans le ciel. Lorsqu’elle sera à son zénith, je devrais sortir.. J’ai quelque chose à faire. Mais pour l’instant, je peux me rendormir. Passant par dessus le muret, je glisse le long de la gouttière et repasse par la fenêtre, les deux pieds d’abord. Je regagne mon lit en titubant et m’y laisse tomber, sur le ventre. Je ferme les yeux et recommence aussitôt à rêver. Les années défilent dans mon esprit. Sang, torture, violence… C’était si bon ! Je me souviens aussi d’un sentiment persistant..

    Je regarde mon Père, entourée de ses fils. Je me tiens face à lui à lui faire mon rapport.

- Donc, nous avons fini de nettoyer Marseille des chiens enragés. Il n’en reste plus aucun.

    Il hoche la tête. Je sens qu’il ne m’écoute pas. Je soupire. Je me retourne vers mes propres fils, choisis pour leur force, leur férocité et leur fidélité. Ils me suivent partout, ils sont mon Escouade. Les plus fiers et les plus féroces. Plus fidèles à moi qu’à mon Père, d’ailleurs. C’est aussi pour ça, que je les choisis.
    Ce n’est pas que je perds ma fidélité envers les Rats Noirs. Mais je n’ai plus confiance en mon Père. Il se fait vieux et il se contente de ce qu’il a. Il se repose sur ses lauriers, laissant des soldats diverger, des groupes s’auto-proclamer Rats Noirs sans contrôle. Et puis, il manque de sévérité. Trop humain malgré son âge, il est parfois pris de pitié… Il a trop de sentiments. Pas assez de cran pour faire ce qui doit être fait. A cause de lui, des espions ont réussi à nous infiltrer et à prélever des informations.. Pas beaucoup, mais assez pour que ça me fasse hurler de colère. Il n’est pas assez fort pour ça. Mais moi, moi ! je suis assez fort ! Je regarde la salle qu’’il occupe. Dans lequel il a installé une estrade en pierre et un fauteuil luxueux dessus. Sa salle du trône. Je repense à tout ce que j’ai fait pour lui. A ma fortune que j’ai abandonné à sa demande. A toutes ces longues, longues années à le servir, à lui obéir… Je considère ma fidélité, celle qu’il tient comme acquise.. face à l’attention qu’il m’offre, là, tout de suite. Alors je prend une décision.
    Pour mon propre bien, pour le bien des Rats Noirs. Je vais détrôner mon Père. Je vais prendre le contrôle du Clan.


    Ça m’a pris des années. J’ai peu à peu sapé son autorité. Transformant mes discours aux membres du clan.. Leur demandant de jurer fidélité aux Rats Noirs et plus à leur Chef. Faisant remarquer l’incompétence de mon Père à mes fils et à quelques uns des siens qui comme moi, se sentaient abandonnés. Une remarque après l’autre, une touche après l’autre. J’ai fait peu à peu coupé les liens de fidélités qui menaient à mon Père pour les attacher à moi. Moi qui combattait à leur côté au lieu de me cacher dans mon bureau. Moi qui punissait les espions qui voulaient les blesser. Moi qui menaient l’Escouade des plus puissants combattants, admirés de tous. Au final, c’est moi qui les protégeaient et qui tenait les Rats Noirs. Je me souviens très bien du jour où mon plan a enfin abouti. C’était en 1913. La situation géo-politique française était très perturbée… Mais moi qui avait vécu la Révolution dans ma plus tendre enfance, ça ne me posait aucun problème. Tout mes soldats sont venus se plaindre auprès de moi. J’étais assis sur un canapé d’un salon que je partageais avec eux...

- On en a marre, Aloïs ! Il donne des ordres, dirige, mais il ne se mouille jamais !!
- Oui ! Il a perdu notre respect et notre confiance !
- C’est nous qui nous faisons tuer et qui chassons pendant qu’il profite de la vie !
- En plus, tu es bien plus malin que lui ! C’est toi qui le conseille !
- On te veut comme Chef, Lawrence !

    Je regarde mes hommes, mes fils, sans bouger, interdit devant ces soldats qui se mettent à clamer mon prénom. Ainsi donc, ça fonctionne.. Après tant d’année à insinuer mon plan dans leur esprit par petits bouts, voilà qu’ils me demandent de l’exécuter comme s’il venait d’eux. Je prend l’air pensif, les yeux dans le vague.

- Que voulez-vous, exactement, mes fils ? N’êtes-vous pas fidèles aux Rats Noirs ? A votre Chef ? Vous me demandez de me rebeller contre mon Père ?

    Je vois bien que certains hésitent, comme s’ils craignaient soudain que je ne sois pas de cet avis et qu’ils se fassent traiter en rebelles. Les choses sont simplement traités lorsqu’il y a une rébellion interne. Tout ceux qui a été impliqué de près ou de loin est exterminé. Je balais leurs doutes d’un geste de la main.

- Allons, ne soyez pas timides avec moi ! Vous êtes mes fils ! Le sang de mon sang. Je serais toujours de votre côté.

    Et parce que vous êtes mes jouets qui allaient me placer au pouvoir ! Ils m’entourent et s’assied à mes côtés et face à moi. Je les compte mentalement. Onze. Ils sont onze à me demander de devenir Chef. Aaron, mon plus vieux fils, le remarque et reprend la parole.

- Père…

    Il m’amadoue. Il sait que j’adore qu’ils m’appellent ainsi.

- Nous sommes les plus féroces guerriers des Rats Noirs et toi, tu en es le plus vieux et le plus puissant. La plupart des membres du clan t’apprécient et te respectent ou à défaut, te craignent. Tu as sauvé un nombre incalculable de fois la vie de tout le monde ici et des vampires des autres bases. C’est toi qui met au point les plans et les stratégies ! Le Chef, ton Père, ne fait que les approuver. Il ne sert à rien ! Il n’est pas assez sévère avec nos ennemis ! Ils continuent à envoyer des espions ! Ils n’ont toujours pas compris qu’en nous laissant tranquilles, ils ont une chance d’échapper à notre colère.. Nous voulons reprendre le pouvoir pour te mettre à la tête des Rats Noirs ! Nous avons besoin d’un vrai Chef ! Voilà ce que nous voulons ! Il y a même des fils de Eadwin qui sont d’accord !

    Je continue à faire semblant de réfléchir en me levant et en allant jusqu’à la fenêtre. La nuit s’étale devant moi, les rues calmes et sûres pour nos proies. Après de longues minutes de silence, je me retourne vers eux, un de mes rares sourires sincères sur le visage.

- Bien, mes fils. Allons-y si c’est votre désir.

    Il était dans le Fumoir. La petite bibliothèque dans laquelle aucun livre n’a jamais été ouvert.. mais des boîtes à cigares, oui. Par centaines. En voyant toute son Escouade débarquer, il se tend et se redresse sur son siège. Je prend la parole alors que mes fils l’entourent, bloquant les sorties. Il écarquille les yeux.

- Que se passe-t’il ?

- Il se passe que mon Escouade en a marre de ton règne. Et je suis de leur avis. Tu as dirigé les Rats Noirs trop longtemps et avec ton seul contrôle, ils se seraient dispersés depuis longtemps. Il apparaît que je suis le plus à même de reprendre ta succession.

- Ma succession ?

- Oui. Ta succession Eadwin.

- Tu prends le pouvoir, toi, mon fils ? Mon plus fidèle et vieux fils ?

- C’est justement pour ça que je prend le contrôle, moi. Je suis le plus à même de le remplacer.

    Je fais un signe à mes fils. Ils n’attendent que ça. Avides de me mener à ma gloire, ils lui sautent dessus à l’instant où je prononce sa sentence de mort.

- Saisissez-le !

    Des cris de combats, mon Père hurle de colère et de rage. Je vois un de mes plus jeunes fils être projetés et je m’élance dans la bataille. Ils lui tiennent les bras alors que je le frappe. A Douze, contre lui, lui, il n’a aucune chance. Je me penche sur lui et dépose un baiser symbolique sur ses lèvres. Et puis, je le condamne

- A la croix !

    Mes fils et moi le menons dans cette salle d’exécution si spéciale. Des pieux dans les paumes et les pieds, des liens et des chaînes, nous l’attachons à ces deux bouts de bois qui seront son dernier support. Il hurle de douleur et de frayeur alors qu’il comprend. Nous ouvrons la trappe du plafond. Elle est minuscule, laissant à peine passer un trait de lumière… Bien assez pour venir à bout d’un vampire dans sa plus grande forme. C’est moi qui ferme l’épaisse porte de son tombeau. Je tourne la clef dans la serrure et regarde mes fils.

- Êtes-vous satisfaits, mes enfants ?

    Ils hurlent de joie et me frappent le dos en se congratulant que ça soit si facile. En effet, nous sommes la force militaire de cette base. Qui aurait pu nous arrêter ?


    La suite fût facile. Presque tout les Rats Noirs m’étaient fidèles… J’ai aussitôt entrepris de convoquer tout les Chefs de toutes les bases. Je me suis présenté à eux, sur le trône de mon Père et les ai fait s’agenouiller. L’une de mes scènes préférée de cette période de ma vie. Ce sentiment de puissance et d’invulnérabilité… Je me souviens parfaitement de la première phrase du discours que je leur ai adressé.

- Je suis Mormo, votre Roi, le Chef des Rats Noirs, prêtez moi allégeance !




Fiche faite par Bryan Grey (Law) pour le forum Londres et Ténèbres.


Dernière édition par Aloïs Lawrence le Sam 22 Sep - 21:01, édité 3 fois


Les démons n'existent pas. Le seul endroit où on peut en trouver, c'est dans le coeur des hommes.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
#37755 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Ven 17 Aoû - 8:46

Effy Brown
Membre Sanguinaire
Membre Sanguinaire
avatar


Messages : 2202
Points : 226
Niveau de puissance : Sangsue

Feuille de personnage
Âge réel: 18 ans
Taille: 1m71
Emploi: Tatoueuse
Rebienvenuuuuuuue !
Bon courage pour la fin de ta fiche Wink
Encore un personnage super cool de ta création eheh :3
Tout plein de bisous sur tes ptites joues !




~ C'est dans une main perverse que la plume se transforme en poignard ~
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
#39158 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Dim 4 Nov - 16:00

avatar


Messages : 1224
Points : 887

Feuille de personnage
Âge réel: 22 ans
Taille: 1m80
Emploi: voleur, seducteur
:fuu: * Lit avec plein d'amour l'histoire * J'adore ce début! je veux la suite!




Je suis son fils et je suis leur frère.
Et pourtant, je ne veux plus être sanguinaire.
Mais pour toujours, ils resteront dans mon cœur.
Car c'est ainsi qu'est une famille.
On est pour toujours unis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://libertyworld.forumgratuit.be/ En ligne
#39200 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Lun 5 Nov - 11:57

avatar


Messages : 3
Points : 116
*air calme*
Merci bien, mes petits.. J'ai hâte de vous rencontrer en rp !

La suite de l'histoire arrive très bientôt. Merci de votre patience !
Vous allez enfin découvrir mes plus sombres secrets...
(#teasing)


Les démons n'existent pas. Le seul endroit où on peut en trouver, c'est dans le coeur des hommes.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
#40278 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Aujourd'hui à 8:03

avatar


Messages : 3
Points : 116
AloïsLawrence


Identification

Nom de naissance: De Nerry
Prénom de naissance: Lawrence
Nom usuel: Lawrence
Prénom usuel: Aloïs
Surnom: Mormo, le Roi des ghouls (inutilisé désormais)
Race: Vampire
Sexe: Homme
Age physique: 35 ans
Date de naissance: 03/01/1782
Orientation sexuelle: Bisexuel
Pays d'origine: France
Groupe: Ancestraux
Emploi: Scientifique et pompier
Supérieur immédiat: Dracula et Vergil

Derrière l'écran

Prénom: Lou
Surnom: La plus belle de toute la terre et sans doute la plus modeste aussi~
Age: Majeure et vaccinée !
Découverte: Y’a trèèèèèèèèès longtemps °^°
Fréquence de connexion: Sur ce compte ou un autre, presque quotidiennement
Autres personnages: Nora - Iluna - Yumi
Autres trucs sur vous: Vampire Power ! o/
Commentaires: Ce forum est vraiment exceptionnellement bien ! *se jette des fleurs*

Le passé qui m'a construit Partie 2/2


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Gourmandise ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


    Gagner le pouvoir a été plus simple que je ne le pensais.. Mais le garder était plus compliqué. J’ai fait d’autres fils, tous fidèles afin que quelque chose comme mon Père ne m’arrive pas. Tout mon règne, je suis restée actif, allant au combat avec mes fils, allant en mission. Rester connecté au terrain. Rester actif. Rester à l’écoute. Plus sévère avec nos ennemis, je ne tolérais pas le moindre accrochage.

    J’ai aussi pris le plis de faire des recensements.. Mes vieux réflexes de commerçants me revenaient. Comptabiliser, c’est savoir. Savoir c’est la base de la puissance. Je fis même parvenir à nos plus grands ennemis notre nombre approximatif. Pour les intimider.

    Une fois les recensements faits, j’ai envoyé un de mes fils dans chaque base pour leur en faire prendre le contrôle. A ce moment-là, ça a un peu râlé. Et des révoltes ont grondé. J’ai alors trouvé un moyen très simple de garder le contrôle…

    Je suis dans les caves. Elles servent de salles de torture depuis des années, si bien que l’odeur de sang et de mort ne les quittent jamais. Je demandé à mes soldats, mes plus jeunes fils restés ici pour ma protection, de m'emmener douze humains en bonne santé. J’entre dans la pièce dans laquelle ils se lamentent en se tordant les mains. Mes fils ont bien fait les choses ! En plus de la cave, ils sont enfermés individuellement dans ces cages à oiseaux aux barreaux rouillés que j’aime tant. Et me voilà, à passer entre les cages d’humains gémissants qui crèvent de terreur. Je sens leur peur, elle a si bonne odeur… Je m’arrête devant la seule femme aux longs cheveux platines et aux petits seins fermes. Comme les autres, elle semble avoir été traînée dans la boue.

- Tend le bras.

    Tremblante, elle n’ose pas me contredire et tend son bras à travers les barreaux. Je laisse mes longs crocs pousser et me mord l’intérieur de la joue, faisant couler le sang dans ma bouche. Je plante aussitôt mes crocs dans son bras, goûtant son sang en même temps que le mien. Courageuse, elle ne l’entend pas gémir ou pleurer à la morsure.. Mais ça ne saurait tarder. Un à un, je contamine mes futurs enfants. Je reste un instant là, à les regarder commencer à hurler de douleur face à la transformation.

    Je reviens les voir des heures plus tard. 24 yeux rouges et avides de sang m’accueillent. Je tire derrière moi un humain que je coupe au milieu des cages et je le laisse là, attaché au milieu de la salle pour que nul ne puisse l’attirer à lui et boire son sang. Mon but est bel est bien de les faire devenir goules.. Quoi de plus fidèle qu’un vampire sans conscience de lui, juste guidé par sa soif ? Je suis revenu plusieurs fois.. Leur permettant de boire une lichette, bien assez pour leur donner envie de mourir pour en avoir plus.. Peu à peu, ils ont sombré dans la folie..

    J’ai mis de longues semaines à les travailler. Mais voilà qu’elles marchent à mes côtés, voûtées commes les bêtes qu’elles sont, leur peau blanchâtre sans substance et leurs cheveux éparses, raides, cassants et gras qui pendent lamentablement autour de leur visage. Leurs yeux rouges exorbités et les crocs sortis en permanence. Un collier en cuir noir  épais et une imposante chaînes qui les relie à moi, pour ne pas qu’elles s’enfuient. Mes ghouls, mes chères, très chères ghouls.. Entièrement dévouées à leur Maître car je suis le seul à combler leur soif, seule chose qui les intéressent vraiment. Malgré qu’il n’y ait qu’une femme, je les appelle Mes filles. Mes ghouls. Je livre les traîtres et les espions à leur faim et tous les craignent et les respectent. Elles m’entourent comme une aura et je ne me déplace plus sans tenir leur chaîne. Lorsque je suis sur mon trône, elles s’assied et s’allonge à mes pieds, rongeant parfois les os d’un humain qui m’a déplu ou d’une proie que je leur ai offerte. Elles ne sont pas nues mais portent des lambeaux de vêtements. Je les veux aussi effrayantes que possible. Lorsqu’elles sont trop sales, je leur balance un seau d’eau dessus et puis c’est tout. Bientôt, mon surnom, donné par mes alliés comme mes ennemis, parvient jusqu’à mes oreilles.

    Je suis Mormo, le Roi des ghouls !


    Dans mon sommeil, je m’agite légèrement et remets le drap sur mon corps. J’arrive à une de mes périodes préférée de ma vie.. Mieux encore que le temps où je tenais le Colisée..

- Une fête ?!

    Je regarde Aaron en soupirant.

- Oui ! Une fête ! Je m’ennuie ! J’ai envie de rencontrer de nouveaux visages… Organise ça, mon fils.. Nous sommes en paix avec tous, nous sommes prospères, nul n’ose nous défier ! Il est temps de profiter un peu de notre vie d’immortel ! Sans relâcher notre garde, non.. Mais nous organiserons un roulement pour que tout les soldats puissent en profiter ! Je veux du sang, de l’alcool et du sexe à foisons ! Réunis tes frères et vos fils…


    Je me souviens.. Toutes ses fêtes.. Il y en a eu des centaines, non.. des milliers ! J’ai connu plus d’amants dans cette période de ma vie que durant toutes les années que j’avais vécu avant ! Je me souviens avoir bu à en perdre la raison, un mélange d’alcool, de drogue et de sang, ravageur pour les sens et la pensée, mais tellement libérateur ! Toute ma cours y a pris goût. Nous nous installions dans une salle, toute en pierre, semblable à une arène. Des fauteuils luxueux, une piscine remplie de sang humain dans laquelle nous nous baignons en buvant. Des cadavres partout par terre, à tel point que nous ne voyions plus le sol.. Du sang et de la sueur sur la peau alors que je m’employais à satisfaire toutes les belles âmes qui ravissaient mon coeur.. pour quelques heures seulement.. Je me souviens m’être souvent réveillé de journées de sommeil, entouré de cadavres humains ou d’humains en transformation ou de vampires, hommes, femmes. C’était l’apogée de ma gloire, mes heures d’or. Nous nous amusions tellement ! Tant de personnes sont mortes pour nous et sont nées par notre fautes.. Je gardais les humains et les humaines transformées par inadvertances, me constituant au fil des fêtes un harem de plus en plus impressionnant. Tout était luxure et luxe. Le sang.. Je sais qu’à cet âge, j’aurais pu me contenter d’un humain par mois.. Mais j’en buvais parfois des dizaines en une nuit, quitte à m’en rendre malade. L’alcool n’aidait en rien…

    Cette période a durée longtemps. Mais durant toute cette période, beaucoup de choses se sont passées. Nous avons profité des Guerres pour tuer et entraîner nos sangsues. Nos meurtres et massacres sont devenus plus sanglants et plus visibles, mais c’était de la faute des allemands ou des juifs. Nous ? Nous nous en fichions. Que les humains se déchirent nous importaient peu et malgré la séparation de la France sous Vichy, nous conservions notre territoire intact. C’était d’ailleurs particulièrement marrant toutes ces bombes et ses obus ! Pour m’amuser, j’ai tout de même rejoint le front quelques années avec certains de mes fils. Oh.. Pas officiellement, nul général n’étant près à accepter des créatures telles que nous.. Et puis certains surnaturels s’étaient engager dans les armées.. Non, nous évitions les combats officiels, nous contentant de frapper les armées durant les trêves, le sommeil.. Harcelant autant un côté que l’autre, nous complaisant juste dans le fait de voir les derniers moments de soldats censés être prêts à mourir.. Ils étaient.. si pathétiques.. Geignant et pleurant en mourant.. J’ai vu des femmes être plus fortes que ces gars-là !

    Et puis.. Et puis la plus belle période de ma vie.. Celle qui m’a le plus touché, sans que je ne comprenne pourquoi.. Celle qui a fait de moi un homme sans que je ne m’y attende…

    Je suis en mission, accompagné de mon escouade et de mes ghouls. Nous nous arrêtons dans une petite ville anonyme pour la journée. Un de mes fils va s'enquérir de la possibilité de passer la nuit dans un hangar ou quelque chose de ce gabarit. Nous ne louons pas, nous ne faisons que squatter. Un garage, une cave.. Tout ce qui n’a pas de fenêtre. Le plus grand regroupement de surnaturel du coin est une meute de lycan. Mais ils ne sont pas assez fous pour s’attaquer à nous, surtout lorsque nous ne faisons que passer…

    Une fois l’endroit trouvé, une vieille cave à vin immense, nous nous y faufilons et j’attache mes ghouls à l’entrée, telles les chiennes de gardes qu’elles sont. Tiens.. J’aimerais bien joindre à elles une louve esclave ! Où est-ce que je peux trouver ça ?

- Je sors, attendez-moi ici.

    J’aime visiter les endroits que je croise et dans lesquels je ne reviendrais sans doute jamais. Un peu comme si ça pouvait rompre la monotonie de ma vie de vampire.. J’ai 183 ans de vampire. Plus de 200 ans en tout.. L’ennuis est devenu mon principal ennemi.. D’où mes fêtes, l’alcool et le sexe à foison… Mais ce que j’ai vu ce jour-là.. Rien.. Rien ne m’avait paru aussi sidérant en plus de 200 ans d'existence...

    Elle balaie ses cheveux longs et ondulés d’une main innocente, diffusant partout dans l’air la délicieuse senteur de jasmin de sa peau. Ses yeux bleus, grands ouverts sur le monde comme ceux d’une biche curieuse et craintive, bordés de cils si long qu’ils chatouillent ses joues au moindre battement de cils. Ils pétillent d’une malice qui reflète sa bonne humeur naturelle. On la sent émaner d’elle aussi sûrement que si on se trouvait en face du croisement délicat et improbable entre un ange et une sirène. Sa taille fine et chaloupée, ses hanches développées et en chaires qui appellent l’amour à grand cris, ses seins, petits mais pointés vers le haut comme s’ils saluaient le ciel à chaque mouvement… Je la détaille sans y faire attention, le coeur battant à grands coups sourds comme s’il s’affolait.. Je ne l’ai jamais entendu faire ça… La lumière de la taverne accroche dans sa crinière rousse comme si un Soleil s’était déposé dedans. Alors qu’elle tourne la tête vers moi, je peux observer son visage de poupée de porcelaine aux lèvres pleines et roses sans artifices, aux pommettes hautes et altières et au petit nez droit et si mignon.. Je.. Je trouve un nez mignon… Je n’ai pas vu une Reine dont la beauté n’arrivait ne serait-ce qu’à la moitié de la sienne. Elle semble si douce, si délicate que tout à coup, je me sens si petit.. si insignifiant.. La moitié d’un homme, une ombre parmi toutes celles qui sont là, surement pour elle également.. Elle draine les regards comme si tous étaient assoiffés et qu’elle seule pouvait soulager leur soif.. Comme mes ghouls me suivent du regard. Ça me paraît si obscène ! C’est personne ne se rendent pas compte qu’elle est l’expression même de la splendeur ! Ils la reluquent comme si elle était un bout de viande, mais elle est un met si délicat que je n’oserai jamais la toucher.. Une fleur aux pétales si douces que le plus beau des papillons se sentirait impur de la survoler, de peur de la salir… Elle s’approche de moi, ses petits pieds chaussés de ballerines délicates se posent presque sur une ligne invisible rendant sa démarche si élégante et distingué que je me sens trembler de désir, foudroyé sur place. Son jupon de serveuse balançant en rythme de sa poitrine que son corset ne maintient pas tout à fait...

- Voulez-vous boire quelque chose, Monsieur ?

    Mon coeur s’accélère. L’Ange m’a parlé ! La Reine a daigné m’accorder de son temps… Je me sens m'empourprer. Moi ! Mormo le Roi des Ghouls ! Chef des Rats Noirs ! Crains dans le monde entier ! J’ai si chaud et mon coeur bat si vite que je me sens soudain incapable de tenir debout. Comme si le sol tanguait sous mes pieds. Je tremble alors que je n’ose la détailler plus, craignant de paraître désobligeant. Avec une raideur d’un autre temps, je m’incline devant elle, profondément, comme je le faisais avant et je saisis sa main sans réussir à m’empêcher de trembler pour effleurer de mes lèvres, le dos de sa main. Je me redresse, le coeur serré de m’être ainsi ridiculisé. Tout les autres clients me regardent étrangement et la Reine m’observe avec de grands yeux ronds, sa main libre serrée sur son corps et la bouche entre-ouverte..

- En.. Enchanté, ma Dame !

    Je frémis et rougis encore, incapable de rester debout face à ce regard troublé. Je souhaiterais disparaître.. ne jamais avoir agit ainsi… Je.. Je.. Sans réussir à réfléchir, je fais demi-tour, passe la porte et m’enfuis en courant comme un lâche.

    Je mets un moment à rejoindre mes compagnons, perdus dans mes pensées, le coeur battant à grands coups douloureux jusque dans mes tempes et mes yeux. Je suis essoufflé comme lorsque je courais bien trop, humain, et que j’étais sur le point de tomber… 200 ans à ne pas avoir connu ça.. Non.. En fait.. Je n’ai jamais connu ça ! J’erre dans la rue adjacent au café, incapable de me calmer.. Je ne peux pas rejoindre l’Escouade. Je ne dois pas leur apparaître comme ça ! Ils se poseraient des questions… Je rentre tout de même avant le lever du jour. Troublé, mais pas suicidaire…


    Jamais une journée de sommeil ne m’a paru plus longue. J’ai dormi très peu et me suis tourné et retourné dans ma couche, torturé.. Mes rêves se sont fait entre-coupés de réveils haletants.. Trempé de sueur, je me suis senti si perturbé que je n’ai pas pu me retenir. L’heure du départ sonné, j’ai déclaré..

[i]- Poursuivez sans moi.

- Quoi ?!

- Je vous rejoindrais. J’ai quelque chose à faire. D’important.

    Je ne leur laisse pas le choix. Les forçant à continuer sans moi. C’est une fois débarrassé d’eux, les ghouls toujours dans la cave, je repars à la recherche de ma Reine.. Je la suis à la trace. Elle travaille dans un bar qui est ouvert jusqu’au petit matin. J’ai senti son odeur en sortir, malgré les passages de la journée. Son odeur de jasmin est imprégné si fortement en moi… J’ai trouvé sa maison, exactement au moment où elle en sortait.. Une petite demeure entourée d’un jardin foisonnant à la sortie de la ville. J’ai repéré du jasmin parmi les roses et la lavande sauvages…

Suite en cours d'écriture

chronologie:
 




Le physique qui me différencie
    Le réveil sonne. De mauvaise humeur comme tout les matins, je pousse un grognement puis attrape mon portable pour couper l'insupportable mélodie. Je prend quelques secondes à comater dans mon lit bien trop confortable, puis pousse sur mes bras puissants, faisant rouler mes muscles sous la peau, pour me retourner sur le dos. J’aime dormir sur le ventre.. Je fronce les sourcils, cligne des yeux et pose une main sur mes paupières pour les frotter alors que l’autre se pose sur mon ventre plat, s’amusant à remonter jusqu’aux rares poils sur mon torse. Haussant les épaules, je finis par m’asseoir. Mes pieds se posent sur le sol et je me lève enfin de tout mon mètre quatre-vingt-quatre. Direction la salle d’eau. Une fois devant le robinet, je fais couler l’eau et mets mes mains, en coupe, dessous pour la recueillir. J’observe un instant ces grandes mains calleuses qui ont tout vu et tout vécu.. la douceur de la peau d’une femme, la dureté des armes à feu, la souplesse des pages des livres, la morsure des blessures… Lorsque je ramène le bol d’eau à mon visage pour m’asperger de sa fraîcheur et me réveiller, je ressens cette peau rugueuse et je soupire. Attrapant une serviette, je m’essuie la face et chasse de devant mes yeux les quelques mèches de cheveux mouillées qui barrent mon visage. Ils sont si longs que ces filaments rebelles touchent mon menton. Secs, ils seront plus courts mais pas de beaucoup. Je m’observe dans le miroir et sors un peigne pour discipliner ma tignasse. Une raie au milieu, les fils argentés de chaque côtés.. Quelques mèches retombent aussitôt devant mes yeux mais cela fait longtemps que je ne bataille plus pour les dompter. Je me souviens avec une espèce de nostalgie, le temps où ils étaient blond platine.. aujourd’hui, ils sont blanc argenté. Sans doute qu’aucun humain ne verrait la différence, mais moi, je la vois. Mes yeux, eux, n’ont pas changés de couleur originelle. Un gris sans âme. En amandes avec un air suspicieux et méfiant, accentué par mes sourcils froncés de mon réveil jusqu’à mon endormissement. Néanmoins, l’expression mystérieuse que mon visage compose naturellement a réussi à séduire des filles. Il faut avouer que je ne suis pas la définition de la chaleur, mais je suis tout de même beau. Un nez droit, des lèvres pas trop remplies pour un homme. Un cou long, des épaules développées un menton ombré par un bouc.. Oui, j’ai de quoi séduire.

    Un autre soupir et je me déshabille pour me glisser sous la douche. Je sais que même avec mes habits, on se rend compte que je suis musclé. Mais ce n’est que lorsque je suis nu qu’on peut s’apercevoir à quel point mon corps a été façonné par des années d’entraînement. La semi-pénombre de la pièce mettent encore plus en valeur ces muscles longs et secs grâce à des jeux d’ombres. Il fut un temps, lorsque j’étais jeune et fier de ce corps, je l’utilisais dans toutes ses fonctions primaires, la chasse, le sexe.. et la guerre. J’ai vécu une longue période rien que pour chacune de ses fonctions. Mais il en a souffert, surtout de la guerre. Quelques marques en demi-lunes, traces d’anciennes morsures vampires apparaissent, de ci de là, aux creux de mes bras. Aucun dans le cou, la seule morsure qui n’y a jamais été faite l’a été lorsque j’étais humain. Ma transformation l’a fait disparaître. Encore quelques cicatrices sur le dos, les bras et les épaules, longues et vaguement plus blanches que ma peau blafarde, elles se repèrent surtout au contact car elles sont en relief. Elles sont le résultats de quelques coups de couteaux ou de baïonnette. J’ai également reçu quelques balles qui ont laissé des traces. Heureusement, rien de tout ça n’est visible lorsque je m’habille.

    Sortant de ma douche, je m’essuie rapidement avant d’enfiler une chemise blanche que je boutonne jusqu’à l’avant dernier bouton, laissant à peine la base de mon cou visible. Le tissus colle à ma peau car elle est encore légèrement humide alors que je noue également mes boutons de manchettes et enfile mon pantalon en toile. Je n’ai jamais pu me faire aux jeans. J’enfile enfin mon grand manteau gris avec une pointe de vert et qui lui, est fermé jusqu’en haut du cou. Je sors de mon appartement calmement.

    Ce n’est que le début de soirée, mais lorsque je marche dans les rues, elles ont tendance à se désertifier. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement rassurant de premier abord. De deuxième abord non plus, d’ailleurs.. Bien que je sois né il y a longtemps, à une époque où la moyenne des tailles était bien moindre, je mesure tout de même un bon mètre quatre-vingt-quatre. Il fut un temps où j’étais un géant parmi mes semblables. Désormais, je suis un homme dans la norme. J’avoue que le temps où je dominais le monde entier d’une tête me manque un peu. Mais, je comble avec d’autres choses. J’ai trouvé bien des manières d’en imposer aux gens. Par exemple, avec mon habituelle inexpressivité, je me suis rendue compte que lorsque je fais apparaître une émotion sur mon visage, il a bien plus d’impact que lorsqu’elle vient d’une personne exubérante. Il me suffit souvent d’un regard pour faire taire un impudent. Et si ça ne suffit pas, je peux très bien faire rougeoyer mes yeux voir sortir mes longs crocs blancs…

    Alors que je pense à tout cela, ma démarche naturellement lente et calme me guide jusqu’à mon quartier favori. Cette façon de marcher cache ma nature violente si bien que lorsque j’attaque, mes gestes vifs, précis et agressifs déstabilisent les gens. Je n’hésite jamais dans mes mouvements et mon assurance me rend inquiétant.



Le psychologique qui m'habite


    … Je m’assied à la terrasse de mon café préféré. Le serveur me connaît bien et presque aussitôt installé, il vient déposer devant moi mon whisky pur malt. Je regarde le verre comme on regarde un vieil ami vicieux. Il fut un temps où la boisson était mon échappatoire et mon démon. Je crois en réalité, que j’ai cédé à tout les vices.

    Je me rappelle du temps où j’ai répandu tout autour de moi le sang, la peur et la désolation. Je me souviens de l’amour que j’accordais parfois, à des filles sans importances qui se pâmaient devant mon indifférence et croyaient déceler dans les attentions que je leur accordais quelque privilège. Elles se sont toutes bercées d’illusion. Je n’accorde qu’à de très rares âmes le droit de me connaître réellement. Je joue avec les autres comme un fauve avec les souris ; un jeu cruel, que je contrôle et qui souvent, finit mal pour eux. Non pas que j’aime particulièrement dominer, mais je déteste par dessus tout être déstabilisé. Il m’arrive de me retrouver face à des personnes de ma carrure. Vergil, par exemple. Ou Dracula, bien évidemment. Mais, je suis suffisamment intelligent pour ne pas me confronter à eux comme je me confronte au menu fretin. Je me souviens encore du jour où je les ai rencontré. Ils m’ont tiré d’un bien vilain faux pas. J’en garde d’ailleurs des séquelles de ce faux pas. Une peur irrationnelle de l’enfermement, par exemple. Ou encore une terreur encore plus irraisonnée qui me réveille souvent en sursaut.. celle de ne pas pouvoir aider ceux qui comptent pour moi. Peut-être est-ce pour cette raison que je ne laisse personne s’attacher à moi.. A quoi ça sert d’avoir des amis s’ils finissent par disparaître en blessant ceux qui leur étaient proches ? D’ailleurs, je suis naturellement quelqu’un de solitaire.. Je n’aime pas être en présence de trop de gens d’un coup. Nouer des liens avec les autres vampires, humains et lycans n’est pas dans mes priorités absolues. Je n’ai toutefois rien contre chacune des races. J’ai vu leur côté sombre à toutes, aucune ne vaut mieux que les autres. Certains me disent cyniques. Mais je parle d’expérience. On ne peut pas dire que je sois particulièrement optimiste, mais je ne suis pas pessimiste non plus. Je vise le neutre. Le gris.

    Mes pensées dérivent un moment jusqu’à ma tendre enfance, il y a très longtemps. Lorsque mes parents se sont rendu compte que je suis doté d’une rare intelligence. J’ai d’abord été un très jeune autodidacte surdoué et durant cette période, j’ai étudié de tout, de la médecine à la prose. Lorsque j’en ai eu l’occasion, des décennies plus tard, j’ai suivi un cursus afin de comprendre jusqu’aux fondements de la science. J’ai toujours trouvé fantastique la façon dont les humains arrivent à percer les plus grands mystères de leurs corps.. C’était ce qui me plaisait le plus et c’est devenu une véritable passion. Le lieu dans lequel je me sens le plus à l’aise, est sans doute dans mon labo, en train de rédiger mon rapport d’expérience ou à régler mes instruments ultra-précis. Cela peut sembler étrange de voir un vampire plusieurs fois centenaire manipuler des machines hi-tech et pianoter avec une aisance certaine sur ordinateur et téléphone.. Mais j’ai toujours possédé une impressionnante capacité d’adaptation. De tout temps, j’ai réussi à comprendre les différentes époques dans lesquelles j’ai vécu et j’ai ainsi pu m’y fondre avec une habilité déconcertante. Parfois moi-même étonné que personne ne se rende compte de rien. Visiblement, je suis un véritable comédien.. Après tout, je cache tellement bien mes émotions et j’ai tellement étudié la nature humaine, autant lorsque j’étais mortel que devenu vampire, qu’il m’est facile de laisser apparaître des sentiments factices.

    Néanmoins, même si j’ai semé la mort autour de moi, j’ai un jour, rencontré un ange. La femme la plus magnifique, intelligente, bienveillante et constamment heureuse, du monde. Nulle femme ne saurait prétendre avoir un gramme de sa bonté.. Elle a ravit mon coeur dans tout les sens du terme et je suis devenu son esclave, son obligé, son mari. Pour elle, j’aurai tué la terre entière, mais son bonheur était lié à celui des autres, alors pour elle, j’ai essayé de changer. Je me suis renié, j’ai refoulé mes plus sombres pulsions pour pouvoir présenter mon âme souillée face à sa pureté sans mourir de honte.. Mais je l’ai perdu. Elle a disparu voilà des années et mon coeur brisé ne s’en est toujours pas remis.. Pour elle, j'essaie de conserver une attitude irréprochable, mais il m’arrive parfois.. souvent.. trop souvent.. de pécher à nouveau.



Fiche faite par Bryan Grey (Law) pour le forum Londres et Ténèbres.


Les démons n'existent pas. Le seul endroit où on peut en trouver, c'est dans le coeur des hommes.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
#40346 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer.. Aujourd'hui à 14:03

Ljøl Nygård
Humain libre
Humain libre
avatar


Messages : 73
Points : 159

Feuille de personnage
Âge réel: 28 ans
Taille: 1m79
Emploi: En reconversion
(Re)-Bienvenue parmi nous et bonne chance pour la validation de ta fiche~

C'est donc lui, le fameux Alois~ Huhu ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
#0 : Re: Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer..

Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Peut-on parler d'opposition avec l'effondrement de l'étât?
» Doit-on, peut-on parler d'une nation haïtienne?
» [Théorie] Les origines de la Méga-Evolution - Pourquoi certains Pokémons ?
» Maisha ~ Pourquoi combattre alors que l'on peut évité ?
» Pourquoi gaspiller du papier quand on peut utiliser la technologie? Aileen

Pourquoi certains disent qu'on ne peut pas parler de meurtre facilement ? C'est pourtant si facile de tuer..
-
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: